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POINT HEBDO-Un accord pour le Moyen-Orient dans le viseur, avant le bal des banques centrales
information fournie par Reuters 12/06/2026 à 13:16

La Réserve fédérale américaine va tenir sa première réunion sous la présidence de Kevin Warsh, le G7 doit se réunir en France alors que Donald Trump a dit qu'un accord avec l'Iran pourrait être signé ce week-end en Europe, tandis qu'une élection partielle dans le nord de l'Angleterre pourrait déclencher une campagne visant à évincer le Premier ministre britannique.

À cela s'ajoutent d'autres réunions de banques centrales qui pourraient aggraver la tension sur les marchés financiers, notamment au Japon, où les taux d'intérêt devraient passer à 1% pour la première fois depuis plus de trente ans.

Tour d'horizon de la semaine à venir pour les marchés financiers :

1/ BAPTÊME DU FEU POUR WARSH À LA FED

Kevin Warsh présidera mardi et mercredi sa première réunion en tant que président de la Réserve fédérale américaine, alors que les marchés anticipent de plus en plus la possibilité qu'une inflation obstinément élevée entraîne une nouvelle hausse des taux d'intérêt américains dans les mois à venir.

Il n'est pas attendu que Kevin Warsh et ses collaborateurs prennent quelconque mesure pour l'instant. L'attention du marché se portera toutefois sur la déclaration de politique générale et la conférence de presse de mercredi afin d'analyser ce que le nouveau président laissera entrevoir concernant l'avenir de la banque centrale américaine sous son égide.

Les responsables publieront également leurs projections économiques et de taux d'intérêt lors de la réunion, les opérateurs étant avides de mieux cerner les divergences d'opinion.

Les données publiées mercredi ont montré que les prix à la consommation aux États-Unis avaient augmenté en mai à leur rythme le plus soutenu en trois ans, sur fond de flambée des prix de l'énergie en raison de la guerre avec l'Iran.

2/ SOMMET DU G7 À ÉVIAN-LES-BAINS

Les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine devraient dominer le sommet du G7 de la semaine prochaine organisé en France, à Évian-les-Bains (Haute-Savoie), d’autant plus que le président américain Donald Trump a laissé entendre qu’un accord de paix avec l’Iran pourrait être signé ce week-end en Europe en présence du vice-président JD Vance.

Ayant déjà modifié les dates pour tenir compte des projets d’anniversaire de Donald Trump, qui prévoit un combat d'arts martiaux mixtes (MMA) dimanche sur la pelouse de la Maison blanche, les responsables français ont placé la barre très bas, à l’instar des autres hôtes récents du sommet, suggérant que ce serait déjà un succès si Donald Trump restait tout bonnement jusqu’à la fin de l’événement, après avoir quitté prématurément l’édition de 2025.

Le Groupe des Sept (G7) comprend la France, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon et les États-Unis.

En raison de la situation au Moyen-Orient, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et l'Égypte ont tous été invités, tout comme le président ukrainien Volodimir Zelensky, alors que les Européens poussent Washington à maintenir son soutien à Kyiv face à la Russie.

Les dirigeants aborderont également des questions plus générales telles que la sécurité économique, les déséquilibres mondiaux et la réduction de la dépendance vis-à-vis de la Chine pour les minerais critiques, même si les résultats concrets devraient être limités.

3/ LA BOJ DEVRAIT PASSER À 1%

La Banque du Japon (BoJ) se réunit également la semaine prochaine, les observateurs du marché anticipant mardi une hausse tant attendue de 25 points de base qui porterait le taux directeur japonais à 1% pour la première fois depuis 1995.

Cette décision étant largement prévue, elle ne devrait pas soutenir de manière significative un yen en difficulté. La devise reste en territoire d’intervention après une nouvelle année difficile et les analystes estiment qu’un resserrement beaucoup plus rapide serait nécessaire pour que le yen en tire réellement profit.

Le gouverneur Kazuo Ueda ne sera par ailleurs pas présent, en raison de son hospitalisation cette semaine. Ce sera la première fois qu'un gouverneur de la BoJ manquera une réunion de politique monétaire prévue depuis au moins 1998.

La banque centrale australienne fera également l'objet de débats, même s'il est attendu qu'elle maintienne ses taux inchangés lors de sa réunion de mardi, après avoir déjà procédé à trois hausses cette année.

4/ STARMER SUR LA SELLETTE

La semaine à venir s'annonce mouvementée pour les marchés britanniques. Une élection locale dans la banlieue de Manchester, dans le nord de l'Angleterre, pourrait faire émerger un sérieux concurrent au poste du Premier ministre Keir Starmer, alors que le chef du Parti travailliste doit faire face à une quasi-rébellion au sein de ses propres rangs et à un mécontentement record des électeurs quant à sa gestion de l'économie.

L'élection législative partielle du 18 juin dans la ville de Makerfield pourrait permettre au maire du Grand Manchester et candidat travailliste Andy Burnham de faire son retour à Westminster. De nombreux acteurs des marchés estiment qu'il serait favorable à une politique budgétaire plus expansionniste que Keir Starmer.

Le Royaume-Uni dispose déjà d'une marge de manoeuvre financière très réduite et les coûts d'emprunt sont exorbitants. Une adjudication de gilts à 10 ans le 16 juin pourrait donner une indication de l'appétit des investisseurs pour les obligations britanniques dans un contexte politique tendu.

Et tout cela avant même la réunion de la Banque d'Angleterre (BoE) de jeudi, lors de laquelle les taux britanniques devraient rester inchangés, et la publication de données allant de l'inflation aux dépenses de consommation.

5/ INQUIÉTUDES ÉMERGENTES

Si tous les importateurs d'énergie asiatiques ont été durement touchés par le choc du détroit d'Ormuz, l'Indonésie a été particulièrement frappée, ce qui signifie que sa banque centrale sera de nouveau sous les feux de la rampe à l'approche de la décision sur les taux prévue jeudi.

Un cocktail explosif d'incertitude politique, d'inquiétudes en matière de gouvernance et de dérapage budgétaire sous la présidence de Prabowo Subianto, en plus des répercussions mondiales du conflit au Moyen-Orient, a poussé la roupie à des niveaux historiquement bas et entraîné la fuite de milliards de dollars hors des marchés locaux.

Pris au dépourvu par la rapidité et l'ampleur de la chute, les décideurs politiques ont réagi cette semaine par une hausse surprise de 25 points de base, accompagnée d'une intervention massive sur le marché des changes. Une nouvelle hausse semble davantage être une question de "combien" que de "si".

Dans le même temps, la banque centrale du Brésil se réunira mercredi, et les marchés ne parviennent toujours pas à déterminer si elle continuera à baisser ses taux ou fera une pause alors que l'inflation s'accélère. Après deux baisses consécutives de 25 points de base en mars et avril qui ont ramené le Selic à 14,5%, le cycle d'assouplissement est moins évident.

(Lewis Krauskopf à New York, Rae Wee à Singapour et Amanda Cooper, Marc Jones et Karin Strohecker à Londres, graphiques par Prinz Magtulis, compilés par Marc Jones ; version française Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)

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